Colloque international sur la retraite et le vieillissement

Interviews

Pour plus de détails, vous pouvez retrouver une synthèse complète ici.

Découvrez les interviews de certains participants au Colloque Retraites et Vieillissement 2019 :

Présentation du colloque

Camille Chaserant - Responsable du projet ESoPS (Economie sociale, protection et société) et maître de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

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Le programme ESoPS réunit des enseignants-chercheurs de l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne sur les questions de recherche et sur des enseignements sur l’avenir de la protection sociale. L’objectif est de faire évolution ce programme en chaire universitaire afin de réunir des chercheurs, des experts, des professionnels, des politiques et des formations sur ces sujets et de promouvoir des analyses globales sur l’ensemble des risques de protection sociale, de décloisonner les analyses souvent isolées afin d’avoir une vision plut transversale. Camille Chaserant illustre le projet en prenant l’exemple des évolutions sur le marché du travail et des nouvelles formes de salariat qui ont des conséquences sur les différents risques (santé, retraite, etc.) mais aussi sur la formation, sur la politique du logement…

Ronan Mahieu - Directeur du développement, des études et des statistiques (DDES) de la Direction des retraites et de la solidarité de la Caisse des Dépôts.

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Ronan Mahieu présente les objectifs du colloque : il rassemble des chercheurs et chargés d’études venant de différents horizons, spécialistes dans différents domaines de la retraite et du vieillissement afin de pouvoir apporter une vision un peu globale des sujets. Deux tables rondes sont également organisées, rassemblant chercheurs et personnalités plus institutionnelles, comme le Président du Conseil d’orientation des retraite ou la Directrice de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), pour mieux aborder les attentes de la société, la compréhension des expressions politiques, et d’apporter un éclairage aux prises de décisions.

Ronan Mahieu anime également la table ronde sur « la perte d’autonomie et la retraite : une vision globale ».

Léa Toulemon - Économiste à l’Institut des politiques publiques (IPP).

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L’IPP s’est fixé comme objectif de produire des travaux scientifiques de qualité qui contribuent au débat public. Dans cette optique, l’IPP s’est associé à la Caisse des dépôts et à l'Université de Paris 1 pour organiser ce colloque sur des sujets d'actualité : les retraites et la dépendance.

Laurent Soulat - Économiste à la Direction des retraites et de la solidarité de la Caisse des Dépôts.

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Laurent Soulat revient sur la dimension historique du colloque retraite et vieillissement qui réuni des chercheurs et changés d’études en économie et sociologie depuis 1994.

Les sessions plénières

Courtney Coile - Professeur en sciences économiques à Wellesley Collège et codirectrice du programme de recherche sur les retraites et l’invalidité du NBER.

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Courtney Coile revient sur les enseignements de 25 ans de collaboration internationale concernant le programme de recherche du NBER. Les différences et similitudes entre les systèmes de retraite, les déterminants des comportements de départ en retraite, les relations entre emploi des seniors et chômage des jeunes, les effets des réformes récentes dans de nombreux pays, ont notamment été examinée dans le cadre de ce programme de travail.

Patrick Aubert - Sous-directeur de l'observation de la solidarité au sein de la DREES.

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Patrick Aubert discute l’intervention de Courtney Coile en apportant un regard sur les spécificités françaises du système de retraite. Dans le contexte français de réforme du système de retraite, l’éclairage apporté sur les déterminants de l’âge de départ en retraite et sur le fait que les réformes ont introduit des incitations financières qui ont un effet sur ces âges de départ, est important. La France se caractérise par des départs très normés par le taux plein. Ce résultat largement admis est à réconcilier avec celui sur les incitations financières sur l’âge de départ.

Agnès Gramain - Professeur en sciences économiques à l’Université de Lorraine, spécialiste en économie du vieillissement.

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Agnès Gramain aborde le thème de la prise en charge de la dépendance en France. Premièrement, sur l’état de la recherche, il convient de réfléchir à l’aide informelle qu’apporte l’entourage dans un contexte où de nombreuses transformations démographiques et sociales vont se produire dans les 20 ans à venir. Deuxièmement, le sujet du financement public de la dépendance qui doit être revu en profondeur afin de réduire les coûts que supportent les personnes âgées et leur famille et d’obtenir une plus grande justice sociale dans la prise en charge. Agnès Gramain est également intervenue lors de la table ronde « Vieillissement, dépendance et territoire ».

George Stoye - Chercheur en économie à l’Institut for Fiscal Studies (IFS) à Londres.

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George Stoye discute l’intervention d’Agnès Gramain en apportant un regard international en présentant le système public anglais d’aide pour les personnes âgées dépendantes. Le système actuel de couverture de la dépendance est très différent de la couverture maladie. Il fournit une protection limitée des personnes dépendances, l’offre publique d’aides étant soumise à des conditions de ressources et des types de perte d’autonomie. De nombreuses personnes supportent elles-mêmes la charge des aides à domicile ou en institution, et par conséquent, une majeure partie des aides est informelle. Le montant de ces dernières ayant été estimé à 100 milliards de Livre. Les conséquences démographiques engendreront une hausse des dépenses au cours des 50 prochaines années d’un point de PIB supplémentaire pour la dépendance, 7 points pour la santé et 2 points pour les retraites. La question du financement de la protection sociale est donc également un sujet crucial en Grande-Bretagne. George Stoye aborde enfin des suggestions de réformes du financement des aides.

Les tables rondes

Roméo Fontaine - Chargé de recherche à l’Institut national des études démographiques (Ined).

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Il est intervenu lors de la table-ronde « Perte d’autonomie et retraite : une vision globale ».

Le vieillissement de la population française et la croissance du nombre de personnes dépendantes renforcent la nécessité d’une réflexion autour du financement de la prise en charge de la perte d’autonomie. Roméo Fontaine fait le lien entre les enjeux de la prise en charge de la perte d’autonomie et ceux du système de protection sociale.

Albert Lautman - Directeur général de la Fédération nationale de la Mutualité Française (FNMF).

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L’intervention d’Albert Lautman est centrée sur deux questionnements. Dans un premier temps, il s’interroge sur le lien entre retraite et dépendance et surtout sur le lien entre retraite et santé. Dans un second temps, Albert Lautman aborde la question du financement de la dépendance. Pour la Mutualité Française il faut un financement spécifique avec un haut niveau de mutualisation. La meilleure solution serait de recourir à la solidarité nationale pour financer les 10 milliards d’euros mis en avant dans le rapport Libault, dont 6 milliards à la charge des familles. Toutefois, si la solidarité nationale n’est pas en capacité à financer la dépendance, la Mutualité Française propose un système d’assurance généralisée adossé au contrat responsable santé permettant à l’ensemble de la population (actifs et retraités) de se couvrir. En conclusion, la nécessité d’inventer de nouvelles solutions de prise en charge à domicile pour les personnes dépendantes est abordée.

Antoine Bozio - Directeur de l’Institut des politiques publiques (IPP), Paris School of Economics (PSE) et maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

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Antoine Bozio, animateur de la tableau-ronde sur « vieillissement, dépendance et territoire » évoque les enjeux du débat et présente les différents intervenants à cette table-ronde.

Nicolas Glière - Directeur de l’autonomie du Conseil départemental de la Mayenne.

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Le vieillissement et la perte d’autonomie ont une dimension territoriale importante. On ne vieillit pas de la même manière sur tous les territoires. La dimension territoriale regroupe les départements, chefs de fil majeurs de l’action médico-sociale, et une multitude d’acteurs locaux. Cette dimension territoriale doit être croisée avec une dimension nationale en lien avec l’Etat, les pouvoirs publics, la sécurité sociale, les donneurs d’ordres privés, et garante de l’équité républicaine qui fait que chaque personne a les mêmes droits partout en France. Il est nécessaire d’établir une bonne articulation entre ces deux dimensions en partant des besoins de la personne, en favorisant le décloisonnement, et en permettant l’expérimentation, l’innovation et l’émergence de solutions nouvelles du terrain.

Les sessions parallèles

Dominique Durant est à la Direction générale des statistiques, des études et de l’international de la Banque de France.

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Dominique Durant présente une étude réalisée en collaboration avec Luc Arrondel (PSE-CNRS), Jean-Brieux Delbos (Banque de France), Dominique Durant (Banque de France), Christian Pfister (Banque de France et Sciences Po) et Laurent Soulat (Caisse des Dépôts). Cette étude recherche à regarder les évolutions parallèles entre les différents dispositifs des réformes des retraites successives et les évolutions des détentions de produits d’épargne pour la retraite par les individus en distinguant par statut (fonctionnaires, salariés du secteur privé et indépendants) et en contrôlant des effets d’âge et de génération. Les cinq dernières vagues de l’enquête Patrimoine de l’Insee sont mobilisées. Les réformes ont eu tendance à durcissant les droits à retraite et développer l’accès aux produits d’épargne pour la retraite. Les effets de ces réformes sur les hausses des taux de détention semblent plus marqués pour les salariés que pour les fonctionnaires.

Anthony Marino - Conseiller scientifique à la direction des retraites et de la solidarité de la Caisse des Dépôts

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Anthony Marino présente une étude réalisée avec Christophe Dorin (Caisse des Dépôts), Simon Rabaté (Institut des politiques publiques) et Laurent Soulat (Caisse des Dépôts) sur l’évaluation de la réforme des infirmiers diplômés d’Etat. Cette réforme de 2010 a conduit à la sortie de ces emplois d’infirmiers de la catégorie active et par conséquent à la suppression du bénéfice d’un départ en retraite anticipé. En contrepartie, les infirmiers ont bénéficié d’une revalorisation de leur grille indiciaire. En s’appuyant sur le modèle de microsimulation dynamique, Anthony Marino présente les grandes lignes d’une étude dans laquelle les effets de cette réforme sur les montants de pension des infirmiers d’une part, et sur le solde financier du régime de retraite (la CNRACL) d’autre part, sont estimés.

Grégoire Mayo - Économiste statisticien à la Caisse nationale de l’assurance vieillesse (CNAV).

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La solidarité représente une part importante des prestations de retraite versées. Grégoire Mayo présente une étude réalisée avec Romane Beaufort et Mallory Mattmuller dans laquelle l’importance des mécanismes de solidarité dans le système de retraite français est estimée à l’aide d’un modèle de microsimulation dynamique. Les auteurs montrent qu’un quart des pensions de retraite de droits propres est issu de la solidarité et que les mécanismes de solidarité bénéficient principalement aux premiers déciles de pension, aux femmes et aux inaptes et invalides.​​

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